Comment les chiffrements de produits ont transformé l’espionnage pendant la Première Guerre mondiale

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Le chiffrement moderne est complexe, mais ses racines sont étonnamment simples. À la base, un chiffrement de produit n’est qu’un moyen de renforcer la sécurité. Vous prenez un document brut, le chiffrez une fois, puis chiffrez à nouveau ce résultat. En empilant deux ou plusieurs méthodes de substitution ou de transposition de base, vous créez un mur beaucoup plus difficile à briser qu’une seule couche.

À l’époque précédant l’informatique, les cryptographes s’appuyaient largement sur cette technique. Ils n’avaient pas d’algorithmes pour faire le gros du travail. Au lieu de cela, ils ont utilisé des clés basées sur des mots et des matrices rectangulaires pour mélanger les données. Une variante populaire était le système de fractionnement. Voici comment cela a fonctionné : tout d’abord, vous échangez les symboles dans le texte brut contre plusieurs nouveaux symboles. Si vous transformez des lettres simples en paires, cela s’appelle un chiffre bilitère. Ensuite, vous appliquez une dernière étape de transposition. Cette dernière étape est souvent appelée superchiffrement.

L’exemple le plus célèbre est le chiffre ADFGVX. L’armée allemande l’a déployé pendant la Première Guerre mondiale. Il s’agissait d’un chiffre de terrain qui combinait substitution et transposition d’une manière à la fois intelligente et mortelle.

Le mécanisme ADFGVX

Le système ADFGVX utilisait une matrice 6×6. Cette grille traitait les 26 lettres de l’alphabet et les 10 chiffres. Chaque caractère du message original a été remplacé par une paire de symboles choisis dans cet ensemble : A, D, F, G, V et X. Cela a créé le chiffre bilitère.

Mais le cryptage ne s’arrête pas là. Les paires résultantes ont été écrites dans un tableau rectangulaire. La dernière étape était un chiffrement de route. Les soldats lisaient les colonnes dans un ordre spécifique déterminé par un mot-clé. Cette transposition a brouillé le texte déjà substitué. Cela rendait le message presque inintelligible pour quiconque ne connaissait pas la matrice et le mot-clé.

Le chiffre ADFGVX était l’un des chiffrements de champ les plus célèbres de tous les temps.

Pourquoi c’était important

Ce n’était pas seulement un exercice académique. C’était du renseignement sur le champ de bataille. Les Allemands faisaient confiance à ce système. Ils estimaient que la combinaison de la substitution et de la transposition était sûre. Pendant un temps, ça l’était. Mais la superposition a également créé une structure prévisible. Cette structure est devenue la clé de sa chute.

En 1918, le cryptanalyste français Georges J. Painvin déchiffra le code. Il n’avait pas de superordinateur. Il a utilisé l’analyse statistique et la reconnaissance de formes. Painvin a identifié des vulnérabilités critiques dans la manière dont l’armée allemande utilisait le chiffre. Son succès eut des effets immédiats et dévastateurs. Elle fait pencher la balance lors de la Seconde Bataille de la Marne.

La confiance de l’armée allemande dans son produit s’est effondrée. La superposition qui était censée protéger leurs communications les rendait vulnérables à un analyste humain compétent. Les travaux de Painvin ont montré que même les systèmes manuels complexes ont des limites. Il a été prouvé que peu importe le nombre de couches que vous ajoutez, si la méthode sous-jacente présente un défaut, elle sera exposée.

Nous utilisons toujours la même logique de base aujourd’hui. Le chiffrement logiciel superpose toujours les algorithmes. Mais désormais, le « produit » est manipulé par du silicium et non par des grilles en papier. Le principe reste cependant le même. Plus de couches peuvent signifier plus de sécurité. Mais cela peut aussi signifier davantage de complexité. Et c’est dans la complexité que se produisent les erreurs.

Le chiffre ADFGVX est désormais une relique. Mais son histoire est toujours d’actualité. Cela nous rappelle que la sécurité ne concerne pas seulement les outils