Alors que la course au poste de gouverneur de Californie s’intensifie, les enjeux sont passés de la politique locale à une confrontation constitutionnelle aux enjeux élevés. Alors que l’actuel gouverneur Gavin Newsom envisage une éventuelle candidature à la Maison Blanche en 2028, le prochain dirigeant de l’État le plus riche des États-Unis héritera de plus qu’un simple budget ; ils hériteront de la responsabilité de décider de la manière dont la Californie réagira à un gouvernement fédéral que beaucoup considèrent comme une menace existentielle pour les normes démocratiques.
Parmi les favoris se trouve Tom Steyer, un milliardaire progressiste dont la campagne repose sur un postulat singulier et provocateur : que les États-Unis sont confrontés à une crise autoritaire qui oblige les États à agir comme première ligne de défense.
Une campagne fondée sur la résistance
Steyer s’est positionné comme le progressiste le plus agressif dans le domaine. Alors que d’autres candidats peuvent se concentrer sur la gouvernance traditionnelle, Steyer fait campagne sur un programme de confrontation directe avec les agences et responsables fédéraux.
Sa cible principale est Immigration and Customs Enforcement (ICE). Steyer ne se contente pas d’appeler à des réformes ; il considère l’agence comme une « organisation criminelle » et propose sa suppression totale au profit d’un nouveau service d’immigration. Son plan comprend :
– Poursuites pénales contre des agents de l’ICE pour profilage racial.
– Fonds de défense juridique pour les personnes menacées d’expulsion ou menacées.
– Inspections obligatoires des centres de détention à l’intérieur des frontières californiennes.
– Enquêtes menées par l’État sur les dirigeants fédéraux qui incitent ou supervisent ce qu’il considère comme un comportement illégal.
La question de « Stephen Miller » : politique de la corde raide juridique ou nécessité morale ?
L’aspect le plus controversé du programme de Steyer est sa volonté d’engager des poursuites pénales contre les fonctionnaires fédéraux. Dans une discussion franche sur sa politique, Steyer a suggéré que s’il s’avérait que des dirigeants fédéraux – en nommant spécifiquement des personnalités de la Maison Blanche comme Stephen Miller – dirigeaient ou incitaient à des actions illégales de la part de l’ICE, la Californie poursuivrait les enquêtes et les arrestations potentielles.
Cela soulève une profonde question juridique et politique : Un État peut-il effectivement poursuivre les architectes de la politique fédérale ?
Steyer reconnaît l’immense difficulté d’une telle manœuvre juridique, mais soutient que la « nécessité morale » l’emporte sur les obstacles procéduraux. Il affirme que lorsque les agences fédérales opèrent en toute impunité, l’État a le devoir d’intervenir pour protéger ses citoyens. Cette approche signale une évolution potentielle vers le “contre-gerrymandering” et d’autres manœuvres politiques agressives – des stratégies que Steyer défend comme des réponses nécessaires à un système fédéral qui, selon lui, “utilise les processus de la démocratie pour détruire la démocratie”.
Les risques de confrontation
La stratégie décrite par Steyer n’est pas sans risques importants. Les critiques et les analystes soulignent plusieurs conséquences potentielles d’une telle plateforme :
1. Crise constitutionnelle : Une tentative directe de la Californie d’arrêter des fonctionnaires fédéraux pourrait déclencher un affrontement juridique et politique massif entre l’État et les autorités fédérales.
2. Érosion de la confiance civique : Alors que Steyer affirme défendre la démocratie, d’autres craignent que l’utilisation du pouvoir de l’État pour cibler des opposants politiques ne polarise davantage le pays et sape la neutralité perçue des forces de l’ordre.
3. Réaction politique : La nature agressive de son programme de « résistance » peut aliéner les électeurs modérés qui recherchent la stabilité plutôt que la confrontation.
Contexte : pourquoi c’est important
La course au poste de gouverneur de Californie ne concerne plus seulement les impôts ou les infrastructures de l’État ; c’est devenu une bataille par procuration pour l’âme du fédéralisme américain. Si un candidat comme Steyer gagne, la Californie pourrait passer d’un État simplement en désaccord avec Washington à un État fonctionnant activement comme un contre-pouvoir légal.
Ce changement redéfinirait le rôle d’un gouverneur, transformant le bureau en un commandant de première ligne dans la lutte entre la souveraineté de l’État et l’autorité fédérale.
Conclusion
La candidature de Tom Steyer représente un changement fondamental dans la stratégie politique : passer du débat politique à la résistance institutionnelle. Son programme pose une question cruciale à l’électorat américain : le meilleur moyen de sauver la démocratie est-il de travailler au sein des institutions existantes, ou d’utiliser le pouvoir de l’État pour les défier de manière agressive ?






























